NALL Working
Paper #12 - 2000
Les femmes et le développement économique communautaire :
un savoir en évolution, une pratique en évolution
Un résumé des résultats d’un projet de recherche
Préparé par Mary Stratton et Barbara Levine
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
En association avec le Réseau de recherche sur les nouvelles approches de
l’éducation permanente, administré depuis l’Institut d’études pédagogiques
de l’Ontario, le Centre d’études de formation, d’investissement et de
restructuration économique (CEFIRE) a récemment mené une étude sur les
femmes et le DEC. La recherche avait pour but de déterminer comment les
praticiennes d’un DEC qui inclue ou qui vise spécifiquement les femmes acquièrent
de nouveaux renseignements qui intéressent leur travail, et comment elles intègrent
ce nouveau savoir dans leur pratique quotidienne. Les entrevues portaient sur
les sources de renseignements, les possibilités et les démarches
d’apprentissage, l’utilité relative de divers types de savoir et la façon
dont les praticiennes arrivaient à intégrer leur nouveau savoir à leur
travail. La question de savoir si et comment les rapports sociaux entres les
sexes influaient sur l’apprentissage et la pratique était au cœur même de
l’étude. On cherchait également à cerner les problèmes vécus par les
praticiennes, tout en sollicitant leurs suggestions concernant les améliorations
à apporter.
MÉTHODOLOGIE
Le Réseau et le CEFIRE ont comme politique d’utiliser des méthodes de
recherche qui comportent la participation des personnes qui font l’objet de
l’étude. C’est pourquoi le protocole des entrevues a été fixé en
collaboration, et mis à l’essai par un groupe cible de travailleuses du DEC
à Toronto. Par la suite, le protocole des entrevues, conçu de façon à
obtenir des renseignements quantitatifs fermés et des renseignements
qualitatifs approfondis, a été utilisé dans une étude préliminaire auprès
de 15 informateurs clés actuellement à l’emploi d’organismes de DEC
partout au Canada. Des entrevues téléphoniques (d’environ une heure) ont été
réalisées avec des praticiennes œuvrant dans une variété de contextes géographiques,
économiques et sociaux, et ayant à cœur de promouvoir des activités de DEC
auxquelles participent les femmes et dont elles sont les bénéficiaires. Les éléments
qualitatifs des transcriptions des entrevues ont été analysés à l’aide
d’une grille thématique pour repérer les préoccupations et les points de
vue communs. Nous avons conservé les explications anecdotiques de ces thèmes.
On peut obtenir sur demande un exemplaire du protocole des entrevues contenant
une description complète des résultats.
APERÇU DES RÉSULTATS
Les participantes à la recherche ont contribué de nombreux et précieux éclaircissements
sur la connaissance et la pratique du DEC à l’intention des femmes.
L’absence d’une source systématique d’information au sujet du DEC qui
s’adresse aux femmes est l’un des problèmes qu’ont mentionnés presque
tous les participants. Voici un court exposé des autres grands thèmes qui se dégagent
des résultats.
Sources et lieux d’apprentissage
Toutes les répondantes ont fait état de tâches multiples (p. ex. élaboration
de programmes, exécution de programmes, collecte de fonds, relations publiques,
création de réseaux, recherche, administration) qui exigeaient différents
ensembles de connaissances. Seules trois répondantes œuvraient au sein
d’organismes de DEC qui se concentraient exclusivement sur le DEC à
l’intention des femmes la majorité du travail de DEC auprès des
femmes s’accomplissait dans le contexte d’un DEC général. Étant donné
les exigences variées du travail, l’apprentissage des praticiennes survenait
à divers endroits, surtout sur les lieux de travail, mais souvent dans le cadre
des manifestations communautaires, lors de conférences et à la maison. La
plupart des participantes étaient plutôt satisfaites des lieux
d’apprentissage dont elles disposaient, mais ont relevé des domaines qui
appelaient des améliorations, notamment l’élargissement des possibilités
d’apprentissage structuré du DEC (cours et conférences). Le manque de périodes
de temps ininterrompues et rémunérées à consacrer à l’acquisition des
connaissances nécessaires posait également problème.
On faisait appel à de nombreuses sources pour trouver les divers
renseignements dont les praticiennes avaient besoin (un tableau des résultats
est disponible sur demande). Les sources jugées les plus utiles et utilisées
le plus souvent étaient les suivantes : interaction avec les membres de la
collectivité, réflexion sur l’expérience personnelle de la pratique,
interactions informelles avec d’autres praticiennes, documentation à
l’intention des praticiens du DEC et ateliers au sein de l’organisme. Bien
qu’on ait consulté abondamment les articles publiés dans les grands médias
et Internet, ces moyens ont été jugés moins fiables et utiles que les autres
sources. Vingt-cinq pour cent des utilisateurs d’Internet estimaient qu’il
s’agissait là d’une excellente source, mais la plupart des répondantes ont
signalé la qualité variable de l’information et les difficultés de
recherche. Environ 60 p. 100 des praticiennes avaient eu recours à un cours
officiel pour acquérir des connaissances en matière de DEC. De ces personnes,
54 p. 100 estimaient qu’il s’agissait-là d’une source de bonne à
excellente, mais les conférences universitaires et les publications étaient
moins populaires (utilisées par 50 p. 100 et 75 p. 100 des répondantes
respectivement) et ont reçu les deux évaluations les plus hautes concernant
les mauvaises sources (44 p. 100 et 21 p. 100). L’un des problèmes mentionnés
a été l’absence de formation scolaire, de conférences et de documentation
reliés directement à la pratique du DEC. Un autre problème, dont il est
question ci-dessous, était la divergence entre les approches de
l’apprentissage et du savoir utilisées, d’une part, par les universitaires
et, d’autre part, par les praticiennes du DEC.
Application du savoir
On a demandé aux participants d’évaluer dans quelle mesure leur organisme
avait intégré les principes généralement reconnus du DEC ainsi que certains
buts ayant trait aux rapports sociaux entre les sexes. Dans l’ensemble, les évaluations
donnaient à croire que la plupart des organismes s’efforcent sans cesse
d’intégrer et d’améliorer les meilleures pratiques du DEC. Une faiblesse généralisée
concernait les possibilités d’apprentissage et de formation offertes au
personnel du DEC; plus de la moitié des répondantes estimaient qu’il y avait
de graves lacunes concernant les possibilités d’apprentissage. Les principes
reliés aux rapports sociaux entre les sexes ou à d’autres éléments de
diversité entre les participantes ont également été moins bien cotés, le
problème le plus aigu étant la disponibilité de programmes vraiment
accessibles aux femmes.
L’incapacité d’intégrer les connaissances disponibles était
habituellement due à une pénurie de ressources (entre autres le temps et
l’argent), bien que la résistance des membres des conseils des organismes ait
également été mentionnée par plusieurs participantes. Lorsqu’on
introduisait de nouveaux programmes ou de nouveaux soutiens aux programmes, les
praticiennes devaient habituellement racler les fonds de tiroir pour obtenir le
financement nécessaire. La plupart du temps, il fallait « vendre » le nouveau
savoir à un bailleur de fonds et/ou à un partenaire de la collectivité. Pour
ce faire, il fallait que le personnel dispose du temps nécessaire, alors que la
plupart des praticiennes estimaient déjà en manquer. Malgré les difficultés,
les répondantes ont fait preuve de beaucoup d’imagination pour trouver du
financement ou ont trouvé des moyens gratuits d’intégrer le nouveau savoir
à la pratique quotidienne dans les plus brefs délais. Il était plus facile
d’agir ainsi lorsque le savoir pouvait être transmis directement de la
praticienne aux participantes au programme; les difficultés survenaient lorsque
le savoir exigeait la prestation de services de soutien tels que des services de
garde ou de transport. Par exemple, si l’on ne pouvait offrir des services de
garde à un programme destiné aux mères à faible revenu, celui-ci devait-il
quand même être offert? Comme le disait une répondante : « [Nous élaborons]
des modèles souples en accord avec les horaires des femmes, leurs besoins en
matière de transport… pour leur offrir de les amener… mais nous avons un très
piètre réseau de transport et pas assez de services de garde agréés. Notre
organisme n’a pas les moyens de financer ces choses, même si nous les
connaissons. »
Les praticiennes disent souvent se servir de leurs connaissances de la classe,
des rapports sociaux entre les sexes et d’autres questions relatives à la
diversité pour éduquer les autres intervenants du DEC tels que les
bailleurs de fonds et les membres des conseils. L’une des participantes a présenté
le plan suivant en six volets pour surmonter la résistance et engendrer un
changement favorable :
1. Faire porter l’attention sur les résultats favorables et les
accomplissements.
2. Présenter le changement comme découlant, par conséquent, de ce qui est
survenu dans le passé.
3. Indiquer pourquoi l’on devrait opérer des changements pour réaliser de
nouvelles choses.
4. Demander l’aide des gens : « J’ai besoin d’aide pour faire ceci
». Demander l’appui de personnes influentes de la
collectivité.
5. Montrer qu’il n’y a aucun perdant dans un projet toutes les
parties sont « gagnantes ». Il est alors difficile aux gens de dire
« non ».
6. Veiller à comprendre d’où viennent les membres d’un organisme (conseil)
pour ne pas froisser les susceptibilités. Sachez à
qui vous avez affaire et concevez un plan (ou un ensemble de
plans individuels) pour parler du changement.
Affrontement des connaissances : Qu’est-ce que l’apprentissage? À qui
appartient le savoir?
L’un des thèmes les plus marquants à s’être dégagé des d’entrevues
est la contestation des idées reçues au sujet du savoir et de
l’apprentissage. Pour de nombreuses praticiennes, ce choc des idées au sujet
de ce qui devrait être considéré comme de l’apprentissage et un savoir
valable survenait sur divers fronts et constituait un volet inévitable de leur
travail. De nombreuses participantes estimaient que les entreprises, les
gouvernements et les universitaires faisaient souvent fi de la valeur du DEC
comme forme socio-économique de connaissance. De plus, même lorsqu’on
permettait au DEC de servir d’approche utile, on n’estimait pas toujours légitimes
les types d’apprentissage privilégiés par les praticiennes. Ajoutons à cela
le fait qu’on savait que les groupes clients possédaient fréquemment des
types de connaissance encore moins reconnus et que leurs modes d’apprentissage
variaient. On a été témoins de chocs des connaissances en fonction de la
classe, du sexe, de l’ethnie, de la géographie et de la situation
organisationnelle. Écoutons les participantes à la recherche :
Le centre des femmes… serait un bon partenaire [mais] … accepte la micro-économie
sans esprit critique. Nous desservons un groupe différent… de sorte que la
question est de savoir si on nous percevrait comme un partenaire. La question
de classe sous-tend tout. Dans le cas présent, elle s’inscrit dans la
question des rapports sociaux entre les sexes.
Certains membres du conseil… n’ont pas même rencontré un de
nos emprunteurs… les attentes concernant le contenu d’un plan
d’entreprise et les calendriers de remboursement ne sont pas conformes aux
aptitudes de nos clients. Les membres du conseil ne savent rien des personnes
avec lesquelles nous travaillons -[au sujet] de la dynamique réelle.
Une bailleresse de fonds est entrée [au centre] vêtue d’un
manteau de vison [et elle avait] peur de le salir. Elle finance des femmes qui
reçoivent de l’aide sociale! C’est dégueulasse. C’est tout à fait déplacé.
Il y a des luttes de classes et des conflits économiques entre les personnes
qui investissent dans le programme et les participantes.
Je me débats avec le fait d’être une femme et de faire le
travail que je fais… Le chef [ici] est un homme, ce qui imprime une
dynamique particulière, et je passe une bonne partie de mon temps à
apprendre à gérer cette situation.
Une des choses qui distinguent le DEC en milieu rural, c’est
qu’on vous demande rarement si vous avez les diplômes mais plutôt si vous
avez les compétences. En milieu urbain c’est l’inverse… Bon nombre de
personnes n’ont pas d’antécédents en DEC mais sont entrées dans ce
domaine et font du bon travail. D’autres qui ont [plus] de titres de compétence
en DEC ne font pas un si bon travail. Dans notre cas, l’expérience est
importante puisque l’accès à la formation scolaire est restreint…
Afin de faire leur travail, les praticiennes du DEC doivent composer avec ce
choc des connaissances, ce qui exige un type particulier d’apprentissage. On a
demandé aux répondantes quelle était l’importance relative de divers types
d’apprentissage, par exemple technique, politique, personnel ou intégré.
Bien que les praticiennes reconnaissaient le besoin et l’utilité de posséder
des connaissances dans tous ces domaines, elles ont souligné sans réserve que
pour être utile dans la pratique du DEC, les divers types d’apprentissage
devaient être intégrés. Comme elles l’ont expliqué, la transformation des
fragments d’apprentissage en une base de connaissances utiles pour le DEC
constituait toute une démarche :
Ce qui est le plus utile, et de loin, c’est : un savoir intégré — non
seulement théorique et appliqué, mais politique et financier —, les
interactions, les communications et les dimensions techniques. Par exemple, je
possédais des connaissances techniques suffisantes pour écrire un super plan
d’entreprise afin d’obtenir le financement d’une banque. Mais il faut
que cela cadre avec mon contexte politique, social et financier.
Nous avons tout d’abord à traiter avec des particuliers et des
modes de pensée — à réagir tout d’abord à la personne humaine. Ensuite,
interviennent les questions politiques et techniques, et le savoir — on ne
peut rien ignorer. Par exemple, la place des femmes dans la société et
ensuite, que doit savoir la femme pour faire des affaires? Que dois-je savoir
pour organiser un atelier? Il existe beaucoup de ressources sur le plan
technique et d’information sur le plan politique, mais si on ne peut écouter
les affaires personnelles, on ne peut intégrer les autres connaissances… En
fin de compte, c’est l’apprentissage intégré qui compte, mais la
[description] ci-dessus constitue le processus.
La sensibilisation des praticiennes au contenu et au processus de leur
apprentissage en matière de DEC les a incitées à cerner d’autres tensions
entre ce dont elles ont besoin et ce qui est disponible dans le milieu officiel
de l’apprentissage. Comme le disait une répondante : « J’ai l’impression
que l’université…, la vie en entreprise et la vie quotidienne de la cliente
[du DEC] sont des mondes très différents. » L’un des principaux problèmes
dont on a fait état était l’incapacité des fournisseurs d’apprentissage
officiel de reconnaître l’importance et l’utilité de l’apprentissage non
structuré et particulièrement du savoir expérientiel. Cette lacune a tendance
à toucher davantage les femmes parce qu’« on leur apprend souvent en classe
qu’elles ne savent pas concevoir un problème ». L’apprentissage tel que défini
par les hommes est étranger à la façon dont les femmes ont l’habitude
d’apprendre et de comprendre; les situations d’apprentissage en milieu
scolaire ont rarement favorisé le type d’apprentissage interactif et expérientiel
que les praticiennes du DEC ont dit être le plus souhaitable.
Même lorsque les praticiennes pouvaient définir les possibilités
d’apprentissage scolaire qu’elles estimaient bénéfique, elles se
heurtaient souvent à des obstacles pour y accéder. Très rares sont les
programmes scolaires qui sont conçus spécifiquement pour la pratique du DEC; même
lorsque ceux-ci existent, on manque souvent de financement. Seule une répondante
a affirmé que son organisme avait payé au complet son apprentissage. Par
contre, 30 p. 100 des praticiennes avaient financé 100 p. 100 du coût de leur
apprentissage et presque 70 p. 100 avaient payé au moins une partie des dépenses
elles-mêmes. Le quart des participantes ont rapporté avoir dû mettre de côté
une possibilité d’apprentissage par manque de temps ou de financement.
IMPLICATIONS
Certaines des implications de ce qui précède semblent évidentes, même
s’il est difficile de trouver une solution. En tête de liste vient le besoin
d’un financement plus abondant du DEC, particulièrement des programmes où le
milieu d’apprentissage offre un soutien aux praticiennes et aux participantes
au programme. Pour ce faire, il faut reconnaître que les besoins des femmes en
matière de DEC et d’apprentissage exigent souvent des soutiens précis et
différents de ceux des hommes. L’absence de financement adéquat témoigne du
problème cerné par les participantes, c’est-à-dire que la pratique du DEC
n’est pas suffisamment reconnue à titre de démarche légitime et porteuse de
connaissances. Les transcriptions de l’étude attestent la détermination et
la débrouillardise des personnes qui font du DEC auprès des femmes au Canada;
il reste qu’il est difficile d’avancer sans reconnaissance et sans
ressources adéquates. La liste suivante fait état de certaines des initiatives
concrètes que les participantes ont jugées utiles pour acquérir des
connaissances au sujet des femmes et du DEC, et pour mieux les appliquer dans la
pratique quotidienne:
- Davantage de ressources canadiennes qui portent spécifiquement sur le DEC
à l’intention des femmes (imprimés, serveurs de liste, pages Web,
formation scolaire);
- Davantage de possibilités d’interagir avec d’autres praticiennes du
DEC (en personne ou par voie électronique), afin de partager des expériences
et des problèmes, d’échanger des idées, et d’élaborer des solutions
qui font avancer la pratique efficace du DEC;
- Des stratégies bien définies et proprement canadiennes pour créer des
collectivités en santé et bienveillantes à l’égard des femmes, et qui
reconnaissent leur diversité;
- Une volonté de forger des partenariats et des coalitions pour atteindre
les buts de la collectivité et réaliser des changements constructifs, qui
tiennent compte des questions de classe, des rapports sociaux entre les
sexes et d’autres facteurs de diversité;
- Un engagement, à tous les niveaux, à valoriser les divers types de
savoir et modes d’apprentissage, et à travailler pour les intégrer aux
initiatives de formation scolaire et communautaires;
- Des programmes d’évaluation nationaux et la diffusion de leurs
conclusions de sorte que les praticiennes n’aient pas l’impression de
travailler en vase clos ou de perdre leur temps à « réinventer la roue »;
- Des manifestations de DEC bien définies en région, qui débordent les
cadres traditionnels pour promouvoir un échange d’idées plus «
pratico-pratique » entre les travailleuses du DEC (p. ex. un salon du DEC,
où les organismes présentent leurs programmes dans des stands).
DE PLUS AMPLES RENSEIGNEMENTS
On a fait peu de recherche au Canada sur la façon dont les praticiennes du
DEC apprennent à connaître les femmes et le DEC, et ensuite à appliquer ces
connaissances à leur pratique. L’étude du CEFIRE n’est qu’un début mais
nous espérons qu’elle servira de tremplin vers d’autres recherches et
qu’elle favorisera le partage des connaissances existantes au Canada. On peut
obtenir sur demande un exemplaire du protocole d’entrevue ainsi que les détails
des résultats pour chaque question. L’on est à rédiger un document de
travail plus étoffé sur ce qui est valorisé comme apprentissage et comme
savoir; il est possible de l’obtenir sur demande.
(For Appendices, refer to English version of paper: Women
and Community Economic Development